Monsieur
le Président de la République française,
Cette pétition s'adresse à vous ; elle vaut pour votre Premier
Ministre.
La langue française va mal. Non plus étoffée, mais étouffée par
l'anglo-américain, elle voit désormais son usage même évincé, chez nous et de
notre plein gré, par cette dernière langue devenue si peu étrangère.
Confrontée
à l'évidence de cette invasion, notre mémoire reçoit en écho la proclamation de
Pierre Laval "Nous n'avons pas d'autre chemin à suivre que la voie d'une
collaboration loyale avec l'occupant".
Une majorité
capitulatrice plaidera la nécessité de vivre avec son temps, hermétique aux
cris sourds d'une identité enchaînée par une pseudo "langue
universelle", en réalité servante d'un maître particulier.
Le
français outragé, le français brisé, le français martyrisé. Mais le français
libéré si, Monsieur le Président, renonçant à la soumission, vous acceptez de
suivre plutôt la trace laissée par l'esprit de résistance.
Tel est le
vœu de cette pétition.
Selon des
attendus et des modalités détaillés dans le courrier joint,
– Il est
demandé au chef de l'État, premier et principal contributeur à
l'Organisation Internationale de la Francophonie, ayant Paris pour siège,
de montrer l'exemple : en renonçant au recours à de termes inutilement
anglo-américains ; en renonçant à l'emploi peu honorable de la langue
anglo-américaine, quand le français demeure en droit l'une des deux premières
langues d'usage d'une majorité d'organes internationaux.
- Il est
demandé au chef de l'État et à son Premier Ministre de faire étudier un projet
ou une proposition de loi de nature à renforcer le dispositif linguistique
présent, en en rendant notamment l'application contraignante. Le document https://lfpreconisation.blogspot.com/propose
des pistes réfléchies.
- Il est
demandé au garant de la constitution d'interrompre la marche suicidaire vers
l'intronisation de la langue anglo-américaine comme seconde langue officielle
de la nation ; ainsi devrez-vous mettre un terme au projet sacrilège prétendant
dispenser dans les établissements secondaires des cours de matières générales
en anglo-américain, langue dont on vous prête l'intention de rendre l'étude
obligatoire. À l'instar, nous y voilà, de la langue française.
Cette
pétition est lancée au premier jour du sommet de la Francophonie. Elle recevra
des signatures venues de France, mais aussi des francophones du monde. Du pays
source de la langue commune, ils attendent légitimement le signal fort d'une
résistance enfin consciente de l'enjeu.
Nous vous
remercions par avance de l'attention compréhensive que vous voudrez bien porter
à notre requête.
Veuillez
croire, Monsieur le Président de la République, à notre haute considération.
Philippe Carron et Jacques Badoux, représentants de la Suisse
pour le collectif. Dr Pauline Belenotti et Ilyes Zouari, représentants de la
France pour le collectif. Jean-Paul Perreault, Président du Mouvement Impératif
français, représentant le Canada pour le collectif. Alain Borer, écrivain,
poète. Michel Bühler, auteur-compositeur et chanteur. Jacques Drillon,
journaliste-écrivain. Michel Feltin-Palas, journaliste. Louis Maisonneuve,
Président d'Observatoire des Libertés. Rémy Pagani, Maire de la ville de
Genève. Philippe Reynaud, Président, et au nom, de "Défense de la langue
française en Pays de Savoie". Zachary Richard, auteur-compositeur et
chanteur. Jean-Marie Rouart,
écrivain, membre de l'Académie française. Jean Ziegler, homme politique
suisse, écrivain, vice-président du comité consultatif du "conseil des
droits de l'homme" de l'ONU.